Eid Moubarak a tous !!!
Eid ul fitr la fete musulamane qui marque la fin du Ramadan :
Alors que la venue de Eid se rapproche, la vue d'une foule de musulmans parsemée dans la nature en un tourbillon de feux et de toilettes élégantes se dirigeant dans tous les sens devrait nous inciter à prendre le temps de réfléchir sur l'importance du jour de "Eid".
Cette date prestigieuse dans le calendrier islamique n'est devenue pour nous qu'une formalité, une série de rites dénuées de sens ou sans but précis, une occasion de rencontrer des amis ou des parents, une excuse pour nos jeunes de louer des voitures et de planifier des sorties avec leurs amis... On devrait pourtant se demander si ce jour a t-il conservé un peu de son ancienne magie et de cette excitation qui prenait place dans nos années d'enfance...
L'émotion vive qui précédait le jour de Eid, le réveil de bonne heure en ce jour, l'énergique douche et la méticuleuse situation au moment de s'habiller, la poursuite des frères et s½urs tout au long de l'escalier, la sensation d'urgence et de confusion, la maman, aidant son enfant démuni dans une chambre et ensuite répondant à l'appel du second dans une autre chambre, caracolait de tous les côtés et finalement ramenait toute la famille autour de la table du petit déjeuner. Incapable de trouver le temps nécessaire pour elle-même, son tablier restait attaché à sa robe de travail.
Ces images de l'enfance béate restent profondément marquées dans nos mémoires jusqu'à ce jour et on est convaincu que beaucoup d'entre nous auront reconnu ces impressions à travers les yeux innocents de l'enfance.
L'excitation et l'anticipation qui précédaient l'arrivée de cette occasion dans nos jeunes années démontrent que ce jour était d'une grande importance pour nous. Il était différent de tous les autres jours. C'était le clou de l'année, une occasion que l'on attendait.
Évidemment, cette ardeur ne fut aucunement le fruit d'une ferveur religieuse ou d'un enthousiasme quelconque, mais plutôt un aboutissement de fêtes et de coutumes, qui heureusement, ou malheureusement, furent étroitement liés avec ce jour même et devinrent tous deux touchants et excitants pour les enfants. Par exemple : l'échange de cadeaux, les sorties en famille, le repas délicieux, tout cela évidemment très plaisant à la joyeuse nature des enfants.
Néanmoins, ce qui était attendu et espéré de cette attitude première et de cette perception du jour de Eid, c'est que se développent des impressions plus mûres et posées et qu'en ce grand jour, on perçoive dans l'ensemble une expérience plus combative et enrichissante. Ces émotions auraient dû s'épanouir dans le domaine spirituel, dans la renaissance de l'esprit islamique en nous et de ranimer le musulman endormi dans une explosion des bourgeons de la foi.
La prière matinale de Eid aurait dû refléter l'immensité de notre communauté, l'expansion de notre nation, la variété des individus qui forme notre famille et le sentiment qu'aujourd'hui, des milliers de gens, à travers le monde, sont en train de partager notre joie. Leurs passés sont multiples, leurs langues sont variées, leurs environnement aussi, depuis les cabanes de boue abandonnées au Ghana jusqu'aux gratte-ciel de Manhattan, de même que leurs professions, allant du cireur de chaussures en guenilles dans les rues de Bombay aux opulents et ambitieux hommes d'affaires qui influencent l'économie des marchés mondiaux.
Néanmoins, malgré le fait que leur raisonnement, leur compréhension, leur perspective du monde et leurs mentalités ont été façonnés par des circonstances tant incroyables que diverses, et que leurs caractéristiques et leur nature ont été modelés par les seules formes de leur environnement, ils proclament cependant une foi unique. Quel qu'ils soient, quelques soient leurs professions et le coin du monde d'où ils viennent, leurs désirs, leur but dans la vie, leurs croyances, leur foi, leur culte, leur jour de fêtes et de réjouissances ne font qu'un.
Et aujourd'hui, en ce jour béni de Eid, ce jour de cérémonie et de célébration, ce jour de joie, ce moment d'une sereine contemplation, cette occasion remplie de gloire et de festivité, ils ne se dirigent que vers une direction, réagissant comme un seul corps, unifié comme une seule famille et, s'humiliant, ils se prosternent devant le seul Seigneur, invoquent le seul Maître, glorifient et exaltent le seul Créateur, Allah.
La congrégation de la prière de Eid aurait dû susciter en nous un sentiment d'appartenance. Elle aurait du enflammer en nous, le respect de soi même, la dignité et la fierté. Fier d'appartenir à cette religion universelle, à ce mouvement vivant, à cette fraternité internationale, à ces liens d'amitiés basés sur la sincérité, à cette foi qui brisa tous les préjudices raciaux et tribales, à cette organisation enfin, qui broya les barrières de la nationalité et de la classe sociale.
Tandis que les espaces vides parmi les rangées de fidèles divisant les frères entre eux étaient comblés, on comblait également les fossés creusés à l'intérieur même de nos relations.
Tandis que la sinuosité des rangs était redressée, c'était en fait la sinuosité de nos c½urs et de toutes les disputes possibles qui étaient uniformément aplanis. Alors que les épaules frôlaient et soutenaient l'épaule rassurante d'un frère musulman, c'était notre foi, notre position en tant que musulman qui se trouvait alors soutenue et renforcée.
A la fin de la prière, lorsque nous regardions de part et d'autres, afin de se souhaiter mutuellement la paix et la miséricorde d'Allah, nous chassions en réalité le visage de l'envie et de la jalousie de nos rangs respectifs.
Voilà les quelques vagues qui auraient dû secouer l'océan calme et léthargique de notre foi, alors que nous nous apprêtions à nous tenir bien droit à notre place, dans les rangs alignés.
Malheureusement, la paix intérieure et l'éblouissement, le symbole et le spirituel sont peines perdues à nos yeux. Les plaisirs dans l'adoration, le confort dans la simplicité, la liberté dans la discipline, tout cela est non seulement dépassé, mais sont devenus des notions bien intrigantes. Les cordages du matérialisme se sont rapidement noués autour de nous avec force et la rouille des péchés se sont incrustés fermement dans nos c½urs.
De ce fait, nous contemplons la religion à travers un prisme déformant et un mur d'ignorance nous accule à envisager des perspectives beaucoup plus fructueuse et bien plus rentable. Il y a tellement de leçons à tirer de la parole d'Allah qui déclare en ce sens : "Attention, ce n'est qu'à travers la pensée d'Allah que les c½urs trouvent la véritable paix."
Il est alors désolant de constater que même les occasions manquantes et les jours sacrés du calendrier islamique sont nullement considérés à leur juste valeur.
Bien pis encore, non seulement la révérence donnée à ces phénomènes ne s'est-elle pas contentée de filtrer à travers les murs percés de nos croyances vacillantes, mais c'est la compréhension de l'esprit, l'apparence et la méthode de célébrer ces événements religieux qui sont tombés sous le couperet d'idéologies occidentales et de cultures totalement étrangères à l'Islam.
Il aurait été dans l'ordre des choses que, durant ces jours particulier,s qui sont déjà rares et espacés, nous les musulmans aurions consenti à redoubler d'efforts, afin de se conformer aux convenances de la religion.
Que nos habits, nos préparations, nos attitudes, nos façons de manger et de boire de se lever et de coucher, de s'asseoir et de se tenir debout, nos comportements, tout cela auraient dû refléter l'effort admirable afin de répondre au désir de Son Seigneur, compatissant pour cela un combat louable afin de satisfaire les exigences de sa foi et une détermination à maintenir l'Islam en tant que force puissante, capable de régir la direction de sa vie.
On aurait pu espérer que la congrégation du Ide soit un échantillon des enseignements exemplaires de l'Islam ; que l'assemblée des fidèles soit solennellement réunie dans leurs vêtements islamiques, lavés, propres, purs, tant intérieurement qu'extérieurement, une senteur parfumée émanant d'eux, des turbans blancs et noirs drapés autour de leurs têtes, barbes flottantes sous leurs mentons, “djoubba” pendant amplement autour de leurs jambes, exemples d'intégrité et d'obéissance dans toutes leurs actions, l'harmonie, la pureté et la piété, émanant enfin de leurs visages où se dévie la crainte d'Allah.
Hélas, la réalité des choses est bien loin des faits énoncés, elle est plutôt démoralisante et peu flatteuse. Cela découle d'une négligence sur le plan de la religion, dont les effets secondaires ont affecté à un tel point notre raisonnement et notre manière de vivre que cela a permis l'extinction de toutes les torches de l'espérance.
Désorienté et perplexe, on ne peut qu'observer la tragédie de la situation et verser des larmes intarissables de regret et d'affliction.
Ceci n'est pas un procès où on fouillerait dans les moindres détails les différents malheurs et les différents calamités dont la "Oummah" (Communauté) a à faire face. Ce n'est pas non plus le moment de discuter du déclin de notre ardeur spirituelle, mais bien une étude profonde de nous même, de la congrégation de fidèles réunie au Eid-gah (Moussallâ) en ce jour de Eid et de notre comportement pour le reste de la journée en comparaison avec les perceptions et les idéaux annoncées et décrites précédemment qui évalueront fort justement de combien nous avons compris la véritable essence et les véritables dessins de ce jour.
L'objectif de ces quelques paragraphes n'est pas d'encourager les lecteurs à focaliser leur spiritualité durant un nombre déterminé de jour. Chaque jour est une nouvelle expérience spirituelle pour le musulman et chaque prière est un tremplin rapprochant le fidèle à son Pourvoyeur et Bienfaiteur.
En fait, les ordres concernant les cinq prières quotidiennes sont bien plus rigoureux que ceux de la prière de Eid. La seule tentative est de guider les masses qui assistent aux prières durant ces jours précis à bénéficier des opportunités et d'observer leurs rituels avec une approche profondément islamique et religieusement prescrite.
Si les convenances et les instructions correspondent aux normes désirées, alors il se pourrait que la sympathie d'Allah se déverse sur nous et qu'Il illumine nos c½urs, dans leur enveloppe ténébreuse. Il plongerait alors les murs noircis de nos croyances, réveillerait nos consciences endormies et rallumerait en nous la flamme de la piété. Nous pourrions commencer à goûter les plaisirs des pratiques religieuses, la tranquillité dans la nourriture d'Allah, la sagesse de ne craindre que lui.
Remords et regrets prendraient place dans nos c½urs à léser les droits d'Allah et des créatures. L'accablement devant les années perdues dans l'ignorance, l'inactivité et l'anarchie religieuse, irriteraient l'état intriguant de nos consciences. Certes, l'appel d'Allah : "O Vous qui croyez, revenez vers Allah, en vous repentant sincèrement" devrait écraser les murs de nos défis et de nos résistances à la volonté d'Allah et nous devrions accourir en masse, répondant à son appel : "Et concurrencez vous afin d'obtenir le pardon de votre Seigneur et pour un paradis aussi large que les cieux et la terre, préparé pour ceux qui craignent Allah."
Il se peut que nous ne sommes pas tous ponctuels et méticuleux à remplir les obligations de la religion dont nous sommes redevables et que nous pouvons nous inclure parmi ceux dont la visite de la Mosquée se limiterait aux prières du vendredi et aux occasions spéciales de l'année, telles la "Laylatoul-Baraa'ah", "Laylatoul-Qadr", "Eidoul-Fitr", "Eidoul-Ad ha".
Toutefois, si nous les pratiquons de manière correcte, des transformations immédiates et agréables pourraient intervenir dans nos vies.
Ainsi donc, ne perdons pas notre temps et ne gaspillons pas toutes ces occasions offertes par Allah.
Apprécions-les et soyons reconnaissants envers elles, car ceci est la loi irrévocable d'Allah qui déclare :
"Et lorsque votre Seigneur proclama: “Si vous êtes reconnaissants, très certainement j'augmenterai (Mes bienfaits) pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible. "(Sourate 14 / Verset 7)
Tout comme nous traitons nos affaires mondaines comme des événements concrets et qu'elles sont ainsi dûment considérées, nous devrions également regarder le jour de Ide comme un tel événement à qui nous réserverions notre plus haute révérence. Il pourrait être le prologue d'un nouveau chapitre de la vie, il pourrait ouvrir nos yeux aux réalités de ce monde.
Bien plus encore, il nous aiderait à nous repentir et amenderait nos manières incorrectes et parfois déplorables, afin que l'Islam puisse régir nos vies sous toutes ses formes.
Avant de conclure sur ces quelques mots qui sûrement, seront sources de plus amples inspirations et d'encouragements, je voudrai revenir sur un récit :
Le jour où le Prophète sallallâhou 'alayhi wa sallam quitta ce monde, à l'aube, Ses Compagnons s'étaient rassemblés dans la Masdjid afin d'accomplir la Salatoul-Fadjr. Avec humilité, ils dressèrent les rangs, et avec la synchronisation d'une armée entraînée, l'harmonie d'une famille unie, ils firent l'acte de dévotion au Seigneur. Le Prophète sallallâhou 'alayhi wa sallam, trop affaibli pour les joindre, se reposait dans sa chambre accostée à la Masdjid Nabawi à Médine. Au même moment, Abou Bakr Siddîq y menait les fidèles dans la prière du matin. Trouvant l'énergie nécessaire, le Prophète e souleva les rideaux de sa chambre et regarda à l'intérieur de la Masdjid. Alors, voyant ses dévots Compagnons s'engager dans le souvenir de leur Créateur comme un bloc indivisible, un sourire lumineux apparut sur son visage resplendissant.
A l'occasion de la prière de Eid, alors que nous nous joignons à la prière rituelle, habillons-nous, pratiquons et agissons d'une manière telle que si le Prophète Mouhammad sallallâhou 'alayhi wa sallam devrait nous apercevoir de sa chambre céleste où son visage radieux devrait apparaître de derrière les rideaux de l'invisible, alors un sourire rayonnant de satisfaction et de pur enchantement s'étofferait à travers ses lèvres... exprimant cette réflexion belle et propice :
Après 1425 ans, ils sont toujours ceux qui, faisant face à tous les démons et à toutes les atrocités, portent bien haut la torche de l'Islam dans une fierté absolue.